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Mercredi
12 juin 2002 - Galerie Anatome L'écran-grille

Depuis
l'avènement des médias numériques, les graphistes
sont amenés à pratiquer fréquemment les supports-écrans,
découvrant parfois qu'il ne suffit pas d'y transposer leur habileté.
Les techniques et les règles de l'art ont évolué,
depuis, par et avec les écrans. En combinant écriture, graphisme
et études de cas, Veruschka Goetz, dans une collection
baptisée e-design, élabore des livres-outils pour
les étudiants et les professionnels. C'était le cas de son
ouvrage Schrift und Farbe am Bildschirm (Typographie et couleur
à l'écran), paru aux éditions Hermann Schmidt
Mainz, c'est également celui de Grids for the internet and
other digital media (Grilles pour l'Internet et les médias numériques)
publié par Rowohlt en allemagne et Ava en Angleterre.
Franche partisane de la structure et de la méthode, Veruschka
Goetz y développe l'idée que l'élaboration
d'une grille est le principe organisateur qui fonde une publication harmonieuse.
Comment ne pas se perdre dans l'univers infini de l'information, si on
n'y est pas guidé par une structure, assumant le rôle de
"signalétique" ? Au fil de ses publications, l'auteur
propose donc de mettre en relation les possibilités de structuration
graphique et les apports d'une logique visuelle adaptée à
son temps.
Veruschka
Goetz est designer à Berlin et fondatrice de la maison d'édition
Berlin Press. Elle prépare actuellement un troisième titre
consacré à l'écran : Typography for the Internet
and Other Digital Media.
Mercredi
22 mai 2002
galerie Anatome - Cycle
DA de presse
Irrégulomadaire

Susanna
Shannon, Jérôme Saint-Loubert Bié
Comme son
titre le suggère, Irrégulomadaire ne paraît
pas à date fixe. Son format et son contenu varient. Chaque édition
explore un thème différent et le développe en utilisant
des procédés éditoriaux qui changent dune publication
à lautre.
Irrégulomadaire
a été fondé en 1990 par Jean-Charles Depaule, Jérôme
Saint-Loubert Bié et Susanna Shannon.Laccent est mis dun
numéro à lautre sur la manière de donner forme
au contenu. Par exemple, pour le numéro 2 « Les rues
du Caire étaient
» les éditeurs ont fait imprimer
la publication au Caire pour voir comment lendroit où lon
fait quelque chose peut influer sur son aspect visuel, mais aussi sur
son sens. Pour un autre numéro à propos du bricolage, ils
ont « remonté » le matériel fourni par
divers artistes, écrivains et autres lecteurs dIrrégulomadaire
autour du sous-sol du BHV. Dans chaque numéro, le rôle des
éditeurs
nest pas cloisonné à une fonction particulière
ou constante, afin dapporter un point du vue nouveau sur la dynamique
de production et sur le contenu de chacune des publications.
Susanna
Shannon
Née en 1957 à Washington D.C. Cofondatrice et directeur
artistique de design dept., groupe de graphisme basé à Paris.
Réalise des catalogues pour les éditions du Centre Pompidou,
travaux d'édition pour les Empêcheurs de penser en rond,
le syndicat Sud, et en presse : Le Nouvel Economiste, L'Expansion).
Jérôme
Saint-Loubert Bié Né en 1970 à Strasbourg. Cofondateur
de design dept. et artiste. MFA, California Institute of the Arts (1996)
Expositions personnelles : Galerie Claire Burrus (Paris, 1996 et 1997),
Command-n (Tokyo, 1999). Livres dartistes: Paris le 2 juin (Paris,
1993) ; Billy (Los Angeles, 1995).
Mercredi
10 avril 2002
galerie Anatome - Cycle
DA de presse
Les non-alignés du quotidien
avec Solange Brand,
« Le Monde diplomatique »
et Olivier Zahm de « Libération ».
Solange
Brand, responsable du visuel au Monde diplomatique, nous racontera
son parcours au sein de cette rédaction, son implication au rédactionnel,
et le rapport particulier et très personnel qu'elle a établi
au fil du temps avec l'image. Les choix iconographiques du monde diplomatique,
uvres d'arts, photographies ou illustrations sont partie prenante
de son identité.
Olivier
Zahm est rédacteur en chef du supplément "style"
de libération, paru pour la première fois en février
2000. Un autre regard sur la mode, ses créateurs et ses photographes
qui se traduit par des parti-pris rédactionnels et photographiques
incisifs et rafraichissants. Il nous parlera de cette expérience
et évoquera également la revue Purple à laquelle
il collabore.
Cycle
Sonographismes
La belle porte le voile
Puce Muse N°23, Opéra augmenté
Samedi
16 mars 2002 20
heures 30
à lAuditorium Saint-Germain Paris VIe

Composition
multimédia: Serge de Laubier
Livret : Dany Robert Dufour
Mise en Espace : François Rancillac
Jeu et Chant : André Minvielle
Méta-Instrument : Serge de Laubier
Depuis
ses origines, la spécificité des Studios Puce Muse est dallier
la musique, le texte, limage et le geste. Plus que les précédentes
créations, le texte, de Dany-Robert Dufour, prend une place prépondérante
dans cet opéra. Il est dit, chanté, électro-vocalisé,
dessiné, tagué. Lécriture est une écriture
textuelle et visuelle en mouvement. Lalphabet ainsi animé
prend vie au son de la musique, indépendamment et avec les chanteurs.
Opéra
augmenté ? Augmenté fait référence ici au
concept de réalité augmentée particulièrement
fertile dans la recherche. Au lieu de la virtualité qui substitue,
isole, on prolonge, on amplifie le corps et la pensée pour transformer
la machine en instrument, la technologie en langage.
Opéra
signifie "uvre", somme contenant musique, texte, image
et geste. Somme, aussi, de savoir-faire accumulé après déjà
22 Puce Muse, explorant les relations entre nouvelles technologies, musique
et spectacle vivant. Ici, instruments, images, espaces, cultivent l'illusion
et agrandissent le monde.
"La
belle porte le voile" est un opéra où le texte peut
être dit, chanté, électrovocalisé ou dessiné
à l'écran, comme des tags lumineux éphémères.
Le livret
de Dany Robert Dufour parle dune belle et dune porte qui la
voile ou qui Le voile. Il explore des modes décritures,
des contraintes textuelles, mais aussi musicale et graphiques. Au début
d'un opéra, il y a la voix. Ici le chant dAndré Minvielle
est électrifié.
La voix se
transforme, percutante ou lointaine, variant sur huit octaves, démultipliées
ou susurrées, circulant tout autour du public. La voix devient
aussi baguette de chef dorchestre pour diriger des instruments virtuels.
La voix devient pinceau pour tracer le texte et la musique en lumière
ou sur écran panoramique. Et pour porter la voix, il y a l'orchestre,
numérique, symphonique, dirigé en temps réel par
Serge de Laubier grâce au Méta-Instrument. Invisible, il
circule tout autour du public, change de pupitre instantanément,
se transforme en paysages sonores reconnaissables ou inouïs, joue
des polyrythmies savantes et quelques cataclysmes sonores...
L'image panoramique
se pilote, se graphe comme la musique par la voix ou du bout des doigts
Elle explore le mouvement de lécriture. Les acteurs sont
les lettres dun véritable cinéma danimation
en direct, manipulées par les musiciens eux mêmes. Limage
devient tour à tour partition textuelle, visualisation amplifiée
du geste musicale, paysages énigmatiques, feux dartifices
alphabétiques, où une lettre mesure entre deux centimètres
et 50 mètres. Le rythme de lécriture, entre un caractère
par minute et 10000 caractères par seconde, est indissociable de
la musique. Au pied de cette fenêtre de 16 mètres de base
et de cinq mètres de haut, les deux musiciens acteurs sont mis
en espace par François Rancillac.
Serge
de Laubier est à la fois compositeur, chercheur et musicien. Il
a une double formation de compositeur au CNSM de Paris et d'ingénieur
du son à l'École Nationale Louis Lumière. Jusquen
1998, il était chargé de développement sur la lutherie
informatique au sein du Groupe de Recherche Musicale (GRM) de lINA.
Il est actuellement responsable de la recherche au sein des Studios Puce
Muse. Il est co-inventeur du Processeur Spatial Octophonique Toutes ses
compositions (opéras, musiques instrumentales, musiques sur support)
intègrent l'espace et les nouvelles technologies.
Dany-Robert
Dufour est philosophe, écrivain et professeur à l'université
de Paris VIII. Il est docteur d'Etat en lettres et sciences humaines.
Son champ de recherche est constitué par la philosophie du langage,
l'esthétique et l'éducation. Il est l'auteur de nombreux
articles, de plusieurs essais parus aux éditions Gallimard, Calman
Lévy et de plusieurs romans.
La
mode de K à L
Mercredi 13 février 2002
Galerie Anatome, 38, rue Sedaine, 75011 Paris
Table
ronde avec Kappauf et Thomas Lenthal.
Kouture,
foLios, photographiK, pubLicité, Karactères,
Luxe, Kosmétique, voLupté, Kulture,
papier gLacé, Kwadrichromie, peopLe et maneKins
Une exploration
du langage et des formes de la presse de mode, à Paris, aujourd'hui,
avec deux grands noms : Kappauf, photographe, éditeur
et éditorialiste de CITIZEN K international et Thomas Lenthal,
directeur de la création de NUMÉRO.
Visite commentée
de lexposition
L'art du livre arabe,
du manuscrit au livre d'artiste
avec Annie Vernay-Noury (BnF).
Samedi 12 janvier
2002
BnF, site Richelieu, Galerie Mazarine, Paris
L'écriture
de l'aventure des écritures
(Mercredi 9 janvier 2002)
L'Ècriture
est une invention rÈcente. Elle nía que cinq mille ans. Le CÈdÈrom est
une invention trËs rÈcente, il nía que dix-neuf ans. Le second nous propose
aujourdíhui díÈclairer líhistoire son aÓnÈe.
CoÈditÈ par
la BibliothËque nationale de France et la RÈunion des musÈes nationaux,
‡ la suite des expositions consacrÈes au mÍme sujet, un cÈdÈrom intitulÈ
líaventure des Ècritures est en prÈparation. Comment naÓt l'Ècriture
? Quelles sont ses diverses formes ? Qu'est-ce qui fait la spÈcificitÈ
de l'Ècrit ? Comment ont ÈvoluÈ les supports de l'Ècriture ? Comment le
texte s'inscrit sur ce support dans le cadre d'un espace dÈlimitÈ - la
page ? Des questions posÈes par un projet, qui se pose lui-mÍme sur le
support numÈrique avec ses récits, ses dossiers, une encyclopédie,
des documents, des ateliers, etc.
Exploration
et dÈcouverte díun chantier qui arrive ‡ son terme avec ses architectes
et ouvriers : FranÁoise Juhel (BnF), Aleksandra Sarabezolles (BnF), FranÁoise
Lombardi (RMN), Anne Zali (BnF), Annie Berthier (BnF), Franklin Desclouds,
graphiste.
Cycle
Sonographismes, hors les murs
Le
chant des rames
(Mercredi
12 décembre 2001)

©
photo RATP Bruno Marguerite
« Écouter
le métro à Carrefour Pleyel comme on écoute la mer
dans un coquillage »
Une découverte
in situ du travail (présenté à Lurs en 2000) de transformation
d'une station de métro transformée en instrument de musique
oulipien à la demande de la RATP à l'occasion du centenaire
du métropolitain parisien.
Emmanuelle
Bouyer architecte, scénographe et plasticienne, Xavière
Bouyer, architecte, Josée Chapelle, muséographe, Pierre
Laurent, graphiste, Rainer Boesch, compositeur, nous accueilleront et
guideront nos pas dans cette conque musicale.
Ce projet
de transformation dune station de métro en un instrument
de musique a vu le jours dans le cadre dune consultation organisée
par la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) qui associait
à une dizaine de stations un thème support danimations
artistiques, culturelles ou scénographiques. Il sappuie à
la fois sur le thème de la musique et sur une étude approfondie
de lespace de la station et du fonctionnement du métro. Il
sagit dutiliser les éléments remarquables de
ce lieu pour créer de la musique : transformer une station
en un instrument de musique. De par la configuration particulière
de la station, la grande voûte au dessus des quais semble asymétrique,
elle créé un mouvement de bascule dans lespace mis
en valeur comme une caisse de résonance.
Une scénographie
de la lumière a été conçue pour accompagner
le déplacement de la musique dans lespace. Lidée
générale étant de créer un climat dans ce
lieu, variant selon les jours, les mois, les saisons
Cycle D.A.
de presse
D.A. :
la position critique
(Mercredi
14 novembre 2001)
Après
la projection d'un film de Peter Knapp évoquant la tension croissante
entre le Directeur Artistique et la presse commerciale (le film n'a été
diffusé qu'une seule fois par l'AGI), une table ronde se tiendra
avec le photographe-créateur, Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi,
éditeurs et auteurs de l'article "Le laid est toujours bizarre"
dans la revue R de réel qui se font critiques de l'évolution
du langage graphique des revues.
Venu
à Paris en 1951, Peter Knapp devient directeur artistique
du Nouveau Femina. Il travaille pour les Galeries Lafayette, puis pour
le journal Elle, comme directeur artistique (de 1959 à 1966 et
de 1974 à 1977). Photographe, décorateur de théâtre,
réalisateur de quarante films documentaires (émission de
télévision «Dim Dam Dom»). Il collabore avec
Courrèges et Ungaro. Il collabore à Vogue, Stern, Time,
Elle, au Sunday Times. Puis le Centre Georges-Pompidou, et Hachette-Filipacchi.
Il a publié l'ouvrage 10 ans d'enseignement, cours de photographie
aux éditions Ides et Calendes.
Animée
par Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi, R de réel
est une revue illustrée, généraliste, et alphabétique
(un volume par lettre), qui paraît tous les deux mois. R de réel
existe depuis janvier 2000 ; en novembre 2001 sort le volume K (heureux
hasard ?), son onzième numéro. Pour en savoir plus :
http://www.reel.fr.st
cycle sonographismes
La
musique électroacoustique, par Olivier Koechlin et Pierre Couprie
(mercredi
10 octobre 2001)

Née
à la radio dans les années 50, pensée par Pierre
Schaeffer et popularisée par Pierre Henry, la musique électroacoustique
est considérée comme le fondement des musiques électroniques.
Encyclopédie musicale, outil de découverte et dexpériences
sonores, le cd-rom La musique électroacoustique, édité
par INA-GRM (Groupe de recherches Musicales) et réalisé
par Hyptique, propose d'en parcourir lhistoire, d'écouter
les compositeurs, d'entendre les oeuvres, et d'enregistrer ses propres
réalisations grâce à un studio de création
électroacoustique.
(Grand
prix Möbius 2001, Diapason d'or multimédia, cd-rom 2000, MIM
d'or 2000, titre reconnu d'intérêt pédagogique par
le Ministère de l'Éducation nationale)
Olivier
Koechlin est directeur adjoint de la société hyptique,
réalisateur multimédia. Musicien, ingénieur en traitement
de signal et en informatique musicale à lIrcam et à
lINA-GRM dans les années 80, il réalise ensuite de
nombreux produits multimédia interactifs à lINA et,
depuis 1996 au sein de la société hyptique (Les Musicographies,
Yves Saint Laurent, le site de lONJ, La musique électroacoustique,
etc.). Il collabore à plusieurs revues, organise des journées
détude et enseigne à Paris 8, à lÉcole
des beaux arts et à lÉcole nationale de la photo en
Arles.
Pierre
Couprie est musicologue et compositeur. Il présentera les choix
graphiques sur lesquels reposent les "transcriptions" des sons
en images, qu'il a réalisées.
Attention : Un atelier est en préparation pour les personnes
intéressées en collaboration avec le GRM.
Contact : info@rencontresdelure.org
Nous
travaillons ensemble
(Mercredi
27 juin 2001)
Depuis
ses débuts, l'atelier Nous Travaillons Ensemble conçoit
des expositions et des livres photographiques, souvent en complicité
avec l'association de photographes Le bar Floréal.
Ce rendez-vous sera l'occasion de rencontrer les graphistes de l'atelier
autour d'un bouquet de leurs dernières créations.
*
Valérie Debure, Isabelle Jégo, Alex Jordan, Ronit Meirovitz
Fait
ce qu'il te plait,
Philippe Apeloig
(Mercredi 16 mai 2001)

Philippe
Apeloig, a débuté sa carrière de graphiste en 1985
au Musée dOrsay. son affiche pour lexposition « Chicago,
naissance dune métropole », est remarquée,
ce qui lui vaut une reconnaissance internationale et de nombreux prix.
En 1989, il ouvre son studio à Paris et sinvestit dans le
champ culturel.
En 1993, il est directeur artistique du magazine Le Jardin des modes,
et depuis 1996, consultant artistique au Musée du Louvre.
En 1995, Philippe Apeloig est pensionnaire à la villa Médicis
à Rome.
Fou du signe typographique, il préfère la solide permanence
des choses, à la course aux tendances et phénomènes
de mode. Enseignant à lÉcole des arts décoratifs
(ensad), de 1992 à 1998, il est aujourdhui professeur de
design à la Cooper Union School of Art à New York.
Cest
trop beau, par Antoine Denize
(mercredi
4 avril 2001)
« Cest trop beau »,
cest dabord trois années dateliers de pratiques
artistiques, menés en Champagne Ardennes dans trois lieux, Charleville-Mézières,
Bogny-sur-Meuse et Thilay.
La deuxième année, nous avons proposé, avec le graphiste
Jean-Marc Brétégnier, à 170 élèves
des trois lieux une collecte déléments, personnages
vivants et objets proches de leur univers, afin de constituer une collection
de micro-musées personnels.
À partir de ces « pré-textes », les
enfants ont photographié, raconté, enregistré, dessiné,
autour de la rencontre avec un artiste invité.
Avec lordinateur, tous ces matériaux ont été
transformés, puis nous avons partagé ensemble le plaisir
de la recherche des combinaisons possibles du texte et des formes, des
associations dimages et de leurs résonances, des mises en
animation.
Avec les « boîtes à images » de chacun,
nous avons imaginé une borne, où images et textes se sont
nourris des liens, regards, émotions, sensations présents
au monde des enfants.
En quoi les petites histoires de doudou, les souvenirs dusine dun
vieux bonhomme, le son du pilon de la Grosse Boutique ou le trajet du
facteur dun petit bled des Ardennes peuvent-ils intéresser
les petits et grands de Toulouse ou de Paris ? Quel plaisir peut-on prendre
à dériver le long de la Meuse, accompagné par des
poèmes denfants quon ne connaît pas, dans un
pays quon ne connaît pas ?
Peut-être le même plaisir que lorsquon feuillette un
album photo, ou une pile de lettres attachées dune petite
ficelle, trouvés au fond dune valise achetée aux puces.
Le plaisir de frotter sa mémoire à celle de ces inconnus
quon voit vivre, vieillir au long des pages quon tourne, plaisir
universel de visiter ces petits musées de la mémoire et
samuser avec leurs images, et, qui sait, de nous mettre à
interroger nous aussi nos fonds de poches.
« Cest trop beau » est devenu depuis un projet
éditorial de CD-Rom actuellement en cours de réalisation.
Antoine Denize est né à Niort en 1957. Musicien,
peintre muraliste et concepteur multimédia, il est lauteur
et le réalisateur du CD-Rom Machines à écrire
(édité par Gallimard, juin 1999) qui a reçu de nombreuses
récompenses : Grand Prix de luvre multimédia
de la Société des gens de lettres, Grand Prix du public
au festival multimédia Télérama, Grand Prix Möbius
France, Prix Möbius international cultures, Prix SACD du scénario
interactif
Il est aussi l'auteur de plusieurs créations multimédia
comme Mots de Pass (2000), installation de 26 bornes interactives
en réseau destinée à la passerelle d'accès
du Parc daventures scientifiques de Mons, conçue par Jean
Nouvel, ou Machines à Rimes, borne interactive conçue
pour lexposition « Désir dapprendre »
(1999) à la Cité des sciences et de lindustrie.
Pour la Bibliothèque nationale de France, il adapte un module du
CD-Rom Machines à écrire dans le cadre de lexposition
« La page » (2000), puis « Brouillons
décrivains » (2001).
Il imagine et réalise des jeux on line pour les sites de Télérama
et de la Cité des sciences et de lindustrie.
Il conçoit et réalise actuellement avec le graphiste Jean-Marc
Bretegnier, un CD-Rom-jeu pour les enfants intitulé Cest
trop beau. (Ce travail fait suite à deux années de résidences
de création en Champagne Ardennes pour animer des ateliers de pratique
artistique avec des enfants de primaire et le soutien de la DRAC).
Il enseigne le multimédia (méthodologie, ateliers décriture
interactive, lectures critiques et apprentissage des outils) dans de nombreuses
formations (universités de Paris-XIII, Paris-VIII, Master de l'Ecole
nationale des beaux-arts de Paris, Master de lEcole nationale de
création industrielle, Institut supérieur des arts, Ecole
des beaux-arts de Valence
).
Au commencement
était le «C»
La typographie de l'enseigne Carrefour,
par Robert Baret et Serge Cortesi
(Mercredi
14 mars 2001, galerie Anatome, Paris)

En cherchant
à rendre plus cohérente et plus visible lidentité
visuelle de lenseigne Carrefour, Robert Baret et Serge Cortesi sont
partis dune idée simple : prendre le « C » de
lemblème très peu typographique pour
créer une ligne graphique, outil de transversalité entre
les différentes publications du distributeur. Étant donné
les nombreux niveaux de communication et la variété des
métiers dans lentreprise, et pour ne pas altérer la
liberté de création graphique, la création dune
typographie « multistyle », proposant un vaste choix, sest
imposée permettant de donner une harmonie à lensemble
de la communication Carrefour.
Robert Baret
Après des études aux Beaux-Arts de Lyon, Robert Baret a
toujours mené une double carrière denseignant et de
professionnel pour des entreprises de presse ou de communication : illustration,
bande dessinée, peinture murale, lettrage. Il est professeur titulaire
à lécole Estienne en « design de communication
» et conseiller de Carrefour pour les supports de communication
rédactionnelle et lidentité visuelle.
Serge Cortesi
Compositeur typographe, étudiant à latelier national
de recherche typographique et formé à la calligraphie, Serge
Cortesi a exercé le métier de photocompositeur. Il travaille
actuellement à la conception dimages de marque (Quick, Hachette
Livre
) et de typographies institutionnelles (Groupe Accor, Ticket
Restaurant
). Parallèlement, il enseigne la calligraphie à
lAdac et à lassociation lAractère.
LAtelier
national de recherche typographique
présenté
par Peter Keller
(Mardi 9
janvier 2001, 19h, Galerie Anatome, Paris)

Créé
en 1985, lAtelier national de recherche typographique constitue
un centre dexpérimentation de la création typograhique.
Latelier assure la formation de spécialistes dans les domaines
de la création de caractères et du design typograhique.
Son directeur nous présentera la nouvelle installation de lANRT
à Nancy, son projet pédagogique, ses perspectives.
Peter Keller
dirige lANRT depuis dix ans. Il enseigne depuis 1969 à lENSAD
et développe des activités de designer indépendant.
Soyez
réalistes, demandez limpossible
(Jeudi 9
novembre 2000, 19h, Galerie Anatome, Paris)

Pierre
Bernard
Depuis 1970,
Pierre Bernard se bat pour que la poésie graphique ait droit de
cité. « Mon travail est efficace quand il fait naître
une émotion qui suscite la réflexion. L'effort intellectuel
et la nécessité de réfléchir sur un sujet
font écho à un sentiment, pas à une pensée.
»
Ne croyant ni aux groupes cibles, ni aux projections de marketing, il
nous dit : « J'ai toujours clamé haut et fort que le rôle
du design graphique n'est pas de stimuler la croissance économique.
»
L'Atelier de création graphique, dirigé par Pierre Bernard,
s'est constitué dans la continuité du groupe Grapus (1970-1980)
dont il est cofondateur. Travaillant en synergie avec des architectes,
sociologues, journalistes, documentalistes et écrivains, l'Atelier
est un creuset de créativité reconnu mondialement.
Il a signé de nombreuses « images d'utilité publique
», entre autres : l'identité graphique du Musée du
Louvre, des Parcs nationaux de France, des Académies musicales
de Saintes, du papetier Job Scheufelen, l'alphabet et la signalétique
de chantier pour le Centre Georges-Pompidou
Pierre Bernard est également chargé de cours à l'Ensad.
Il présentera, en écho au thème de la semaine dété
à Lurs, les travaux récents de lAtelier de création
graphique.
Une journée
au musée Condé,
château de Chantilly
(samedi 7
octobre 2000)
Enluminure
italienne. La collection de manuscrits enluminés du cabinet des
livres du duc d'Aumale est la plus prestigieuse de France après
celle de la BnF. Pour la première fois sont exposés des
chefs-d'uvre, certains fameux, d'autres à découvrir
dans ce lieu d'exception.
Programme
de la journée
10 h-12
h 30 Rendez-vous au musée
Dans la bibliothèque, visite du cabinet des livres du duc
dAumale (livres imprimés rares) et de lexposition « Chefs-duvre
de lenluminure italienne XIVe-XVIe siècles » en
compagnie dun conservateur de la bibliothèque.
12 h
30 Déjeuner au « Hameau »
dans le parc.
Après-midi Visites
libres
du musée Condé (importante collection de
peintures et de dessin de lécole française, chefs-duvre
de la peinture italienne, uvres des écoles du Nord) ;
à la Galerie des cerfs, de lexposition « André
Le Nôtre et les jardins de Chantilly » à loccasion
du tricentenaire de la mort du célèbre jardinier.
Chantilly,
vu par Christian Bessigneul.

Photo Édouard Baudelet.
Un fragment
du Traité de fauconnerie des Sforza (1452) nous invitait
à débusquer lenluminure, au musée Condé,
le 7 octobre ; 25 places, 36 inscrits, 30 présents, 26 à
lheure devant les hérons, les carpes et la grille du parc.
En page de garde, quelques milliers de pavés alignés,
dans un paysage horizontal domestiqué, conduisent notre groupe
sur le pont Michel-Ange.
En frontispice, la porte monumentale. Esclaves, anges, lions, frises
et colonnes soutiennent des étages de moulures et de balustres
pour en réduire et rythmer la surface. Passée la porte,
les pénétrants, pressés par la pluie, ne retiennent
que la masse dinspiration classico-baroque, construite dans lexaltation
prodigue des compilations historiques, à la fin du XIXe siècle.
En avant-propos, nous savons immédiatement que nous descendons,
par la cour dhonneur, dans les chicanes de la pensée dH.O.
(Henri dOrléans) duc dAumale, vainqueur (à vingt
et un ans, en 1843) de la smala dAbd-el-Kader. Son monogramme pullule
discrètement parmi les hommages aux ascendants et labondance
ornementale.
Lintroduction est un fastueux vestibule. Sous le regard glacé
de deux chiens de marbre gris, toutes oreilles taillées et dressées,
nous devinons notre pilote. Lestement, nous lui emboîtons le pas
à travers les colonnes à cannelures, les niches à
vases en porphyre oriental, les panneaux à bas reliefs dorés,
les comptoirs et les homini peregrini vulgari non lursiens.
Présentation et sommaire dans le calme dune antichambre
décorée de scène de chasse. Mme le conservateur du
patrimoine, Emmanuelle Toulet, est la prétorienne obligeante du
cabinet des livres de lInstitut de France.
Avec sérénité, elle vérifie les données
historiques des notices, réactualise le catalogue des quelque 13
000 ouvrages et organise des expositions autour de ce fonds dexception.
Chapitre premier. Plus de cinquante armoires vitrines, sur deux
niveaux, forment la création bibliophilique dH.O. Quelque
cinquante années à courir lEurope pour faire entrer
en France ces pièces remarquables. Les étagères alignent
des dos splendidement reliés. En ce lieu ne sont acceptés
que les parfaits ! Merci à lhomme qui troque lhéritage
de ses châteaux contre de vrais beaux livres. Isolés
par un cordon en fond de salle (grand public oblige), des fauteuils équipés
pour longuement feuilleter, humanisent ce prodigieux hangar à bouquins.
Des aménagements récents, sous forme de vitrines-sarcophages
à fibres optiques, bousculent la magie du lieu. Neuf manuscrits
et dix enluminures détachées y exposent lextrême
précision de leurs nuances colorées. Quatre historiens dart
les ont disséqués, comparés, réattribués.
Mme Toulet fait partager sa joie dapprocher une vérité
vérifiée entre les XIVe et XVIe siècles. Elle repère
et partage les liens qui unissent la peinture médiévale
à la Renaissance italienne. Parmi les pages exposées : le
plus ancien manuscrit illustré de la Divine Comédie
(Dante) avec commentaire de Guido de Pise. (1328-1330). Cest lune
des premières iconographies de lEnfer.
Celle-ci sera reprise, régulièrement, jusquà
Gustave Doré. De sublimes lettres illustrées : O,
comme Omnium insularium, lun des premiers traités
de géographie consacré aux îles et aux péninsules.
Plus de cent cartes assemblées. Trois exemplaires connus. Celui-ci,
le plus ancien, a servi de modèle aux deux autres. Cest lexemplaire
réalisé pour le cardinal Giovanni dAragona. O,
comme limage de la mort de saint Martin, réalisée
en 1460, à Padoue par un élève de Mantegna. B,
comme David jouant du psaltérion. A, comme inferno. E,
comme un moine anonyme. R, comme la résurrection peinte
pour un graduel du monastère camaldule (religieux de lordre
de saint Romuald) de San Michele de Murano, par don Silvestro, peintre
raffiné du gothique florentin.
Une très rare représentation de la chapelle Sixtine, réalisée
par un collaborateur de Piero della Francesca. Limage permet de
cerner les transformations opérées par Michel Ange. Un splendide
livre dheures à la reliure dorfèvrerie, récemment
réattribué aux Toriani, témoin de linfluence
de Léonard sur la miniature lombarde. Un livre de dessins en couleurs
daprès les sujets des gravures de Dürer, fin XVIe siècle,
réalisé pour le seizième duc dUrbino.
Chapitre II. Devinant notre insatiable gourmandise, notre cicérone
nous arrache à ladmiration des Grolier, Bozérian,
Derôme
Par lintouchable rampe descalier en fer
et cuivre martelé, elle nous entraîne, dans la bibliothèque
de travail aménagée par H.O, plus prés de ses appartements.
Dans lancien théâtre du vieux château, nous sommes,
ici, dans la pénombre, au cur de son exigeant esprit de collection.
Sous verre, quelques raretés sont ouvertes à la page dune
référence. Lun des deux exemplaires connus des livres
xylographiques encrés par frottage avant linvention de la
typographie. Le premier livre imprimé en Italie par Panartz, à
Subiaco, en 1465. La première Bible polyglotte dAlcala, réalisée
de 1514 à 1522. Lun des onze exemplaires dit des presses
particulières, imprimé au château de Veretz pour des
amateurs de textes libertins. Une impression sur soie rose produite, peut-être
par Louis XVI, sur les presses du château de Versailles. Le premier
tirage effectué par Didot, avec le caractère Didot
Dès que Mme Toulet autorise le toucher dun exemplaire, les
lursiens sont en état de grâce. Nous imaginons linfini
plaisir des contemplations graphiques possibles en regardant labondance
des tiroirs, cartons à dessins, boîtes et armoires aux portes
invitantes.
Chapitre III. Les matérialités du rythme de lappétit
nous rappellent sur terre, nous retournons sous la conduite de Françoise
Blondel. Objectif : le Hameau inauguré le 16 avril 1775, au nord
du petit parc, au sud du grand canal, à lest du jardin à
la française. Une pensée pour les hommes qui fuyaient leurs
protocoles normés et rêvaient de se rapprocher des murs
délicieuses des bergères, des laboureurs et
de la nature sauvage (et parfois polissonne). Lurbanisme villageois
idéal comporte un moulin, une laiterie, un cabaret, une grange
et quelques maisons avec potager et fruitier. Nous sommes attendus dans
la grange. Surprise de prince : le dehors est dedans. Nous déjeunerons
sous des voûtes bucoliques dont la fraîcheur décrépite
évoque les interminables ventes aux enchères de 1793.
À table, nous retrouvons la magie des connivences lursiennes. À
la nôtre, nous nous sommes régalés des aventures de
Marie-Claire avec le Mélèze, de celles du soldat Chapuzot,
du sapeur Camember, du savant Cosinus, dun beaujolais correct et,
Chantilly oblige, dune bonne crème.
Colophon. Avant les découvertes individuelles du site, pour
mémoriser une vision globale du domaine, une douzaine de lursiens
aérophiles ont accepté limprovisation de sélever
dans la nacelle du plus gros ballon du monde.
Au hasard de laprès-midi, dans le salon violet, dans la grande
singerie, devant un vitrail, un Raphaël ou une étude de Le
Nôtre, nous retrouvions lun ou lautre.
Page de garde. À dix-huit heures, chassé efficacement
par le protocole muséal, je redevins oisif et seul, hors des images,
des grilles, des carpes et des hérons.
Notice. Un ban pour Françoise de nous avoir incités
à la réimmersion dans ce lieu témoin, magistralement
architectural et bibliophilique, qui semble échapper encore aux
morcellements de lotissement, aux dispersions de gestion et aux cloisonnements
de tous ordres. Mille reconnaissances pour ce moment de délectation
domaniale.
Mexique,
contraste de villes «tatouées»
par
Pierre Ponant
(mercredi
3 mai 2000, 18h30, L'École Multimedia, Paris)
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Le
Mexique est un pays dexception culturelle et de contraste
sémantique. Si plusieurs générations dartistes
ont enfermé la création contemporaine mexicaine dans
ses propres mythes, la jeune création, apparue dans le contexte
urbain de Mexico, de Monterrey ou de Tijuana sémancipe
de cette tendance « mexicaniste ». Depuis
une dizaine dannées, elle sest réinscrite
dans le circuit des grands courants contemporains. Graphistes, plasticiens,
photographes ou vidéastes, ces créateurs observent
la surface de la ville et en recueillent les scories : des
signes typiquement mexicains, des objets rejetés ou doccasion
qui reflètent une certaine culture urbaine, une économie
de la rue. Une attitude plastique, politiquement incorrecte et provocatrice
où trouve place la critique de lautoritarisme, du racisme
et du conformisme.
Mexico est aussi un paysage graphique et typographique. La ville
de lanti-design par excellence. Et cest de ce constat
quest né un mouvement graphique « techno-vernaculaire ».
De lalliance des techniques artisanales et du Mac, dune
récupération et dun détournement de la
« contaminacion » (terme utilisé par
les mexicains pour parler de la pollution) pratiquée par
les « rotulos » ou peintres en lettre. Les
typographies populaires, bien souvent dauteurs anonymes, tracées
sur les devantures de magasins ou de kiosques, composant les affiches
de lutte libre, sont empruntées et réutilisées
par de jeunes graphistes. De leurs expérimentations naissent
des alphabets, évocateurs de traits desprit ou de jeux
de mots subtils, des graphzines ou des expériences éditoriales
comme celle de la revue de graphisme Matiz
, à lorigine dun manifeste qui entend définir
lidentité graphique mexicaine au sein du « village
global ».
Pierre
Ponant
Pierre
Ponant
Directeur artistique indépendant, il poursuit depuis une
quinzaine dannées une activité internationale
de concepteur et réalisateur de manifestations et expositions
à caractère multimédia (vidéo, installation,
nouvelles technologies, design graphique...). Sa réflexion
sur les rapports entre lart contemporain et les techniques
de linformation et de la communication saccompagne,
aujourdhui dun travail de critique et dhistorien
sur le design graphique. Il collabore à diverses revues européennes
et intervient comme visiting professor à lÉcole
nationale supérieure dart de Nancy et à lÉcole
cantonale dart de Lausanne. Consultant auprès de lAssociation
française daction artistique, il a récemment
conçu lexposition « Vues de presse »,
un parcours visuel à travers la presse contemporaine présentée
en octobre 1999 au Museo Universitario de Ciensas y Arte de Mexico.
Membre du comité dorganisation du 1° Festival internacional
de diseño y communicacion de Buenos Aires BsAs/00, il y conçoit
lexposition « Graphistes à la surface des
villes » pour lautomne 2000.
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Politique
et typographie
à la Renaissance
Histoire
d'un divorce
par
Henri-Jean Martin
(Mercredi
14 juin 2000, 18h30, Le Canard'Avril, Paris)
En
1508, l'empereur allemand Maximilien passait un contrat avec un
imprimeur d'Augsbourg pour tailler secrètement un nouveau
caractère afin de souligner la spécificité
allemande face à l'écriture humanistique, ressentie
comme l'image de la Papauté romaine. Telle fut l'origine
du caractère Fraktur.
En
1509, le précepteur du futur roi François Ier présentait
à celui-ci un Eloge des vertus chrétiennes
calligraphié sur le modèle du célèbre
Songe de Poliphile d'Alde Manuce. Pour la première
fois, un texte en langue française était écrit
en caractères «romains» et non plus dans la gothique
bâtarde de la Chancellerie de France. Dès lors, l'entourage
royal encouragea et finança par un complot permanent l'adoption
du caractère romain en France, afin de prouver que les rois
de France étaient les véritables successeurs des empereurs
romains.
Henri-Jean
Martin
Archiviste-paléologue, docteur ès lettres, Henri-Jean
Martin a été bibliothécaire à la Biliothèqye
nationale (1947), conservateur en chef des bibliothèques
de la ville de Lyon (1964-1970)
Professeur (1971-1993), puis
professeur honoraire, à l'École des chartes, il est
directeur d'études à l'École pratique des hautes
études depuis 1963.
Henri-Jean
Martin est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire et la sociologie
du livre : Mise en page et mise en texte du livre français
(XIVe-XVIIe siècles). La Naissance du livre moderne (Electre-Cercle
de la librairie, 2000); Histoire et pouvoirs de l'écrit
(1989), Albin Michel, 1996; L'Apparition du livre (en
collaboration avec Lucien Febvre, 1957), Albin Michel, 1999; il
est aussi, avec Roger Chartier, le codirecteur de L'Histoire
de l'édition française, (4 vol., 1983-1986),
Fayard, 1989-1991.
Parmi
ses nombreuses distinctions : Gutenberg Preise, decerné
par l'Internationale Gutenberg Gesellschaft et la Ville de Mayence
(1998), médaille d'or de la Bibliographical Socizty de Londres
(1993), premier grand prix Gobert de l'Académie française
(1989).
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