Archives des rendez-vous mensuels 1999 - 2001

(retour à l'actualité)

Les rendez-vous mensuels précédents :

l'écran-grille

Irrégulomadaire

Les non-alignés du quotidien

La belle porte le voile

La mode de K à L

L'art du livre arabe

L'écriture de l'aventure des écritures

Le chant des rames

DA : la position critique

La musique électroacoustique

Nous travaillons ensemble

Fait ce qu'il te plait, par Philippe Apeloig

C'est trop beau, par Antoine Denize

Au commencement était le «C»
La typographie de l'enseigne Carrefour

par Robert Baret et Serge Cortesi

L’Atelier national de recherche typographique,
par Peter Keller

Soyez réalistes, demandez l’impossible,
par Pierre Bernard

Une journée au musée Condé, château de Chantilly

Christian Bessigneul feuillette le grand livre de la journée…

Mexique, contraste des villes « tatouées »,
par Pierre Ponant

Politique et typographie à la Renaissance,
par Henri-Jean Martin

 

 

 




Mercredi 12 juin 2002 - Galerie Anatome
L'écran-grille

 

Depuis l'avènement des médias numériques, les graphistes sont amenés à pratiquer fréquemment les supports-écrans, découvrant parfois qu'il ne suffit pas d'y transposer leur habileté. Les techniques et les règles de l'art ont évolué, depuis, par et avec les écrans. En combinant écriture, graphisme et études de cas, Veruschka Goetz, dans une collection baptisée e-design, élabore des livres-outils pour les étudiants et les professionnels. C'était le cas de son ouvrage Schrift und Farbe am Bildschirm (Typographie et couleur à l'écran), paru aux éditions Hermann Schmidt Mainz, c'est également celui de Grids for the internet and other digital media (Grilles pour l'Internet et les médias numériques) publié par Rowohlt en allemagne et Ava en Angleterre.

Franche partisane de la structure et de la méthode, Veruschka Goetz y développe l'idée que l'élaboration d'une grille est le principe organisateur qui fonde une publication harmonieuse. Comment ne pas se perdre dans l'univers infini de l'information, si on n'y est pas guidé par une structure, assumant le rôle de "signalétique" ? Au fil de ses publications, l'auteur propose donc de mettre en relation les possibilités de structuration graphique et les apports d'une logique visuelle adaptée à son temps.

Veruschka Goetz est designer à Berlin et fondatrice de la maison d'édition Berlin Press. Elle prépare actuellement un troisième titre consacré à l'écran : Typography for the Internet and Other Digital Media.


Mercredi 22 mai 2002 galerie Anatome - Cycle DA de presse
Irrégulomadaire

Susanna Shannon, Jérôme Saint-Loubert Bié

Comme son titre le suggère, Irrégulomadaire ne paraît pas à date fixe. Son format et son contenu varient. Chaque édition explore un thème différent et le développe en utilisant des procédés éditoriaux qui changent d’une publication à l’autre.

Irrégulomadaire a été fondé en 1990 par Jean-Charles Depaule, Jérôme Saint-Loubert Bié et Susanna Shannon.L’accent est mis d’un numéro à l’autre sur la manière de donner forme au contenu. Par exemple, pour le numéro 2 « Les rues du Caire étaient…» les éditeurs ont fait imprimer
la publication au Caire pour voir comment l’endroit où l’on fait quelque chose peut influer sur son aspect visuel, mais aussi sur son sens. Pour un autre numéro à propos du bricolage, ils ont « remonté » le matériel fourni par divers artistes, écrivains et autres lecteurs d’Irrégulomadaire autour du sous-sol du BHV. Dans chaque numéro, le rôle des éditeurs
n’est pas cloisonné à une fonction particulière ou constante, afin d’apporter un point du vue nouveau sur la dynamique de production et sur le contenu de chacune des publications.

Susanna Shannon
Née en 1957 à Washington D.C. Cofondatrice et directeur artistique de design dept., groupe de graphisme basé à Paris. Réalise des catalogues pour les éditions du Centre Pompidou, travaux d'édition pour les Empêcheurs de penser en rond, le syndicat Sud, et en presse : Le Nouvel Economiste, L'Expansion).

Jérôme Saint-Loubert Bié Né en 1970 à Strasbourg. Cofondateur de design dept. et artiste. MFA, California Institute of the Arts (1996)
Expositions personnelles : Galerie Claire Burrus (Paris, 1996 et 1997), Command-n (Tokyo, 1999). Livres d’artistes: Paris le 2 juin (Paris, 1993) ; Billy (Los Angeles, 1995).


Mercredi 10 avril 2002 galerie Anatome - Cycle DA de presse
Les non-alignés du quotidien

avec Solange Brand, « Le Monde diplomatique »
et Olivier Zahm de « Libération ».

Solange Brand, responsable du visuel au Monde diplomatique, nous racontera son parcours au sein de cette rédaction, son implication au rédactionnel, et le rapport particulier et très personnel qu'elle a établi au fil du temps avec l'image. Les choix iconographiques du monde diplomatique, œuvres d'arts, photographies ou illustrations sont partie prenante de son identité.

Olivier Zahm est rédacteur en chef du supplément "style" de libération, paru pour la première fois en février 2000. Un autre regard sur la mode, ses créateurs et ses photographes qui se traduit par des parti-pris rédactionnels et photographiques incisifs et rafraichissants. Il nous parlera de cette expérience et évoquera également la revue Purple à laquelle il collabore.


Cycle Sonographismes
La belle porte le voile
Puce Muse N°23, Opéra augmenté
Samedi 16 mars 2002 20 heures 30
à l’Auditorium Saint-Germain Paris VIe

Composition multimédia: Serge de Laubier
Livret : Dany Robert Dufour
Mise en Espace : François Rancillac
Jeu et Chant : André Minvielle
Méta-Instrument : Serge de Laubier

Depuis ses origines, la spécificité des Studios Puce Muse est d’allier la musique, le texte, l’image et le geste. Plus que les précédentes créations, le texte, de Dany-Robert Dufour, prend une place prépondérante dans cet opéra. Il est dit, chanté, électro-vocalisé, dessiné, tagué. L’écriture est une écriture textuelle et visuelle en mouvement. L’alphabet ainsi animé prend vie au son de la musique, indépendamment et avec les chanteurs.

Opéra augmenté ? Augmenté fait référence ici au concept de “réalité augmentée” particulièrement fertile dans la recherche. Au lieu de la virtualité qui substitue, isole, on prolonge, on amplifie le corps et la pensée pour transformer la machine en instrument, la technologie en langage.

Opéra signifie "œuvre", somme contenant musique, texte, image et geste. Somme, aussi, de savoir-faire accumulé après déjà 22 Puce Muse, explorant les relations entre nouvelles technologies, musique et spectacle vivant. Ici, instruments, images, espaces, cultivent l'illusion et agrandissent le monde.

"La belle porte le voile" est un opéra où le texte peut être dit, chanté, électrovocalisé ou dessiné à l'écran, comme des tags lumineux éphémères.

Le livret de Dany Robert Dufour parle d’une belle et d’une porte qui la voile ou qui “Le” voile. Il explore des modes d’écritures, des contraintes textuelles, mais aussi musicale et graphiques. Au début d'un opéra, il y a la voix. Ici le chant d’André Minvielle est électrifié.

La voix se transforme, percutante ou lointaine, variant sur huit octaves, démultipliées ou susurrées, circulant tout autour du public. La voix devient aussi baguette de chef d’orchestre pour diriger des instruments virtuels. La voix devient pinceau pour tracer le texte et la musique en lumière ou sur écran panoramique. Et pour porter la voix, il y a l'orchestre, numérique, symphonique, dirigé en temps réel par Serge de Laubier grâce au Méta-Instrument. Invisible, il circule tout autour du public, change de pupitre instantanément, se transforme en paysages sonores reconnaissables ou inouïs, joue des polyrythmies savantes et quelques cataclysmes sonores...

L'image panoramique se pilote, se graphe comme la musique par la voix ou du bout des doigts Elle explore le mouvement de l’écriture. Les acteurs sont les lettres d’un véritable cinéma d’animation en direct, manipulées par les musiciens eux mêmes. L’image devient tour à tour partition textuelle, visualisation amplifiée du geste musicale, paysages énigmatiques, feux d’artifices alphabétiques, où une lettre mesure entre deux centimètres et 50 mètres. Le rythme de l’écriture, entre un caractère par minute et 10000 caractères par seconde, est indissociable de la musique. Au pied de cette fenêtre de 16 mètres de base et de cinq mètres de haut, les deux musiciens acteurs sont mis en espace par François Rancillac.

Serge de Laubier est à la fois compositeur, chercheur et musicien. Il a une double formation de compositeur au CNSM de Paris et d'ingénieur du son à l'École Nationale Louis Lumière. Jusqu’en 1998, il était chargé de développement sur la lutherie informatique au sein du Groupe de Recherche Musicale (GRM) de l’INA. Il est actuellement responsable de la recherche au sein des Studios Puce Muse. Il est co-inventeur du Processeur Spatial Octophonique Toutes ses compositions (opéras, musiques instrumentales, musiques sur support) intègrent l'espace et les nouvelles technologies.

Dany-Robert Dufour est philosophe, écrivain et professeur à l'université de Paris VIII. Il est docteur d'Etat en lettres et sciences humaines. Son champ de recherche est constitué par la philosophie du langage, l'esthétique et l'éducation. Il est l'auteur de nombreux articles, de plusieurs essais parus aux éditions Gallimard, Calman Lévy et de plusieurs romans.

 


La mode de K à L
Mercredi 13 février 2002
Galerie Anatome, 38, rue Sedaine, 75011 Paris



Table ronde avec Kappauf et Thomas Lenthal.

Kouture, foLios, photographiK, pubLicité, Karactères, Luxe, Kosmétique, voLupté, Kulture, papier gLacé, Kwadrichromie, peopLe et maneKins…

Une exploration du langage et des formes de la presse de mode, à Paris, aujourd'hui, avec deux grands noms : Kappauf, photographe, éditeur et éditorialiste de CITIZEN K international et Thomas Lenthal, directeur de la création de NUMÉRO.


Visite commentée de l’exposition
L'art du livre arabe,
du manuscrit au livre d'artiste

avec Annie Vernay-Noury (BnF).

Samedi 12 janvier 2002
BnF, site Richelieu, Galerie Mazarine, Paris

L'écriture de l'aventure des écritures
(Mercredi 9 janvier 2002)


 

L'Ècriture est une invention rÈcente. Elle nía que cinq mille ans. Le CÈdÈrom est une invention trËs rÈcente, il nía que dix-neuf ans. Le second nous propose aujourdíhui díÈclairer líhistoire son aÓnÈe.

CoÈditÈ par la BibliothËque nationale de France et la RÈunion des musÈes nationaux, ‡ la suite des expositions consacrÈes au mÍme sujet, un cÈdÈrom intitulÈ líaventure des Ècritures est en prÈparation. Comment naÓt l'Ècriture ? Quelles sont ses diverses formes ? Qu'est-ce qui fait la spÈcificitÈ de l'Ècrit ? Comment ont ÈvoluÈ les supports de l'Ècriture ? Comment le texte s'inscrit sur ce support dans le cadre d'un espace dÈlimitÈ - la page ? Des questions posÈes par un projet, qui se pose lui-mÍme sur le support numÈrique avec ses récits, ses dossiers, une encyclopédie, des documents, des ateliers, etc.

Exploration et dÈcouverte díun chantier qui arrive ‡ son terme avec ses architectes et ouvriers : FranÁoise Juhel (BnF), Aleksandra Sarabezolles (BnF), FranÁoise Lombardi (RMN), Anne Zali (BnF), Annie Berthier (BnF), Franklin Desclouds, graphiste.

 


Cycle Sonographismes, hors les murs

Le chant des rames
(Mercredi 12 décembre 2001)


© photo RATP — Bruno Marguerite

« Écouter le métro à Carrefour Pleyel comme on écoute la mer dans un coquillage »…

Une découverte in situ du travail (présenté à Lurs en 2000) de transformation d'une station de métro transformée en instrument de musique oulipien à la demande de la RATP à l'occasion du centenaire du métropolitain parisien.

Emmanuelle Bouyer architecte, scénographe et plasticienne, Xavière Bouyer, architecte, Josée Chapelle, muséographe, Pierre Laurent, graphiste, Rainer Boesch, compositeur, nous accueilleront et guideront nos pas dans cette conque musicale.

Ce projet de transformation d’une station de métro en un instrument de musique a vu le jours dans le cadre d’une consultation organisée par la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) qui associait à une dizaine de stations un thème support d’animations artistiques, culturelles ou scénographiques. Il s’appuie à la fois sur le thème de la musique et sur une étude approfondie de l’espace de la station et du fonctionnement du métro. Il s’agit d’utiliser les éléments remarquables de ce lieu pour créer de la musique : transformer une station en un instrument de musique. De par la configuration particulière de la station, la grande voûte au dessus des quais semble asymétrique, elle créé un mouvement de bascule dans l’espace mis en valeur comme une caisse de résonance.

Une scénographie de la lumière a été conçue pour accompagner le déplacement de la musique dans l’espace. L’idée générale étant de créer un climat dans ce lieu, variant selon les jours, les mois, les saisons…


Cycle D.A. de presse

D.A. : la position critique
(Mercredi 14 novembre 2001)


Après la projection d'un film de Peter Knapp évoquant la tension croissante entre le Directeur Artistique et la presse commerciale (le film n'a été diffusé qu'une seule fois par l'AGI), une table ronde se tiendra avec le photographe-créateur, Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi, éditeurs et auteurs de l'article "Le laid est toujours bizarre" dans la revue R de réel qui se font critiques de l'évolution du langage graphique des revues.

 

Venu à Paris en 1951, Peter Knapp devient directeur artistique du Nouveau Femina. Il travaille pour les Galeries Lafayette, puis pour le journal Elle, comme directeur artistique (de 1959 à 1966 et de 1974 à 1977). Photographe, décorateur de théâtre, réalisateur de quarante films documentaires (émission de télévision «Dim Dam Dom»). Il collabore avec Courrèges et Ungaro. Il collabore à Vogue, Stern, Time, Elle, au Sunday Times. Puis le Centre Georges-Pompidou, et Hachette-Filipacchi. Il a publié l'ouvrage 10 ans d'enseignement, cours de photographie aux éditions Ides et Calendes.


Animée par Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi, R de réel est une revue illustrée, généraliste, et alphabétique (un volume par lettre), qui paraît tous les deux mois. R de réel existe depuis janvier 2000 ; en novembre 2001 sort le volume K (heureux hasard ?), son onzième numéro. Pour en savoir plus : http://www.reel.fr.st


cycle sonographismes

La musique électroacoustique, par Olivier Koechlin et Pierre Couprie

(mercredi 10 octobre 2001)



Née à la radio dans les années 50, pensée par Pierre Schaeffer et popularisée par Pierre Henry, la musique électroacoustique est considérée comme le fondement des musiques électroniques. Encyclopédie musicale, outil de découverte et d’expériences sonores, le cd-rom La musique électroacoustique, édité par INA-GRM (Groupe de recherches Musicales) et réalisé par Hyptique, propose d'en parcourir l’histoire, d'écouter les compositeurs, d'entendre les oeuvres, et d'enregistrer ses propres réalisations grâce à un studio de création électroacoustique.

(Grand prix Möbius 2001, Diapason d'or multimédia, cd-rom 2000, MIM d'or 2000, titre reconnu d'intérêt pédagogique par le Ministère de l'Éducation nationale)

Olivier Koechlin est directeur adjoint de la société hyptique, réalisateur multimédia. Musicien, ingénieur en traitement de signal et en informatique musicale à l’Ircam et à l’INA-GRM dans les années 80, il réalise ensuite de nombreux produits multimédia interactifs à l’INA et, depuis 1996 au sein de la société hyptique (Les Musicographies,
Yves Saint Laurent, le site de l’ONJ, La musique électroacoustique, etc.). Il collabore à plusieurs revues, organise des journées d’étude et enseigne à Paris 8, à l’École des beaux arts et à l’École nationale de la photo en Arles.

Pierre Couprie est musicologue et compositeur. Il présentera les choix graphiques sur lesquels reposent les "transcriptions" des sons en images, qu'il a réalisées.


Attention : Un atelier est en préparation pour les personnes intéressées en collaboration avec le GRM.
Contact : info@rencontresdelure.org


Nous travaillons ensemble

(Mercredi 27 juin 2001)



Depuis ses débuts, l'atelier Nous Travaillons Ensemble conçoit des expositions et des livres photographiques, souvent en complicité avec l'association de photographes Le bar Floréal.
Ce rendez-vous sera l'occasion de rencontrer les graphistes de l'atelier autour d'un bouquet de leurs dernières créations.

* Valérie Debure, Isabelle Jégo, Alex Jordan, Ronit Meirovitz

 

Fait ce qu'il te plait,
Philippe Apeloig
(Mercredi 16 mai 2001)




Philippe Apeloig, a débuté sa carrière de graphiste en 1985 au Musée d’Orsay. son affiche pour l’exposition « Chicago, naissance d’une métropole », est remarquée, ce qui lui vaut une reconnaissance internationale et de nombreux prix.
En 1989, il ouvre son studio à Paris et s’investit dans le champ culturel.
En 1993, il est directeur artistique du magazine Le Jardin des modes, et depuis 1996, consultant artistique au Musée du Louvre.
En 1995, Philippe Apeloig est pensionnaire à la villa Médicis à Rome.
Fou du signe typographique, il préfère la solide permanence des choses, à la course aux tendances et phénomènes de mode. Enseignant à l’École des arts décoratifs (ensad), de 1992 à 1998, il est aujourd’hui professeur de design à la Cooper Union School of Art à New York.


C’est trop beau, par Antoine Denize

(mercredi 4 avril 2001)



« C’est trop beau », c’est d’abord trois années d’ateliers de pratiques artistiques, menés en Champagne Ardennes dans trois lieux, Charleville-Mézières, Bogny-sur-Meuse et Thilay.
La deuxième année, nous avons proposé, avec le graphiste Jean-Marc Brétégnier, à 170 élèves des trois lieux une collecte d’éléments, personnages vivants et objets proches de leur univers, afin de constituer une collection de micro-musées personnels.
À partir de ces « pré-textes », les enfants ont photographié, raconté, enregistré, dessiné, autour de la rencontre avec un artiste invité.
Avec l’ordinateur, tous ces matériaux ont été transformés, puis nous avons partagé ensemble le plaisir de la recherche des combinaisons possibles du texte et des formes, des associations d’images et de leurs résonances, des mises en animation.
Avec les « boîtes à images » de chacun, nous avons imaginé une borne, où images et textes se sont nourris des liens, regards, émotions, sensations présents au monde des enfants.
En quoi les petites histoires de doudou, les souvenirs d’usine d’un vieux bonhomme, le son du pilon de la Grosse Boutique ou le trajet du facteur d’un petit bled des Ardennes peuvent-ils intéresser les petits et grands de Toulouse ou de Paris ? Quel plaisir peut-on prendre à dériver le long de la Meuse, accompagné par des poèmes d’enfants qu’on ne connaît pas, dans un pays qu’on ne connaît pas ?
Peut-être le même plaisir que lorsqu’on feuillette un album photo, ou une pile de lettres attachées d’une petite ficelle, trouvés au fond d’une valise achetée aux puces. Le plaisir de frotter sa mémoire à celle de ces inconnus qu’on voit vivre, vieillir au long des pages qu’on tourne, plaisir universel de visiter ces petits musées de la mémoire et s’amuser avec leurs images, et, qui sait, de nous mettre à interroger nous aussi nos fonds de poches.
« C’est trop beau » est devenu depuis un projet éditorial de CD-Rom actuellement en cours de réalisation.

Antoine Denize est né à Niort en 1957. Musicien, peintre muraliste et concepteur multimédia, il est l’auteur et le réalisateur du CD-Rom Machines à écrire (édité par Gallimard, juin 1999) qui a reçu de nombreuses récompenses : Grand Prix de l’œuvre multimédia de la Société des gens de lettres, Grand Prix du public au festival multimédia Télérama, Grand Prix Möbius France, Prix Möbius international cultures, Prix SACD du scénario interactif…
Il est aussi l'auteur de plusieurs créations multimédia comme Mots de Pass (2000), installation de 26 bornes interactives en réseau destinée à la passerelle d'accès du Parc d’aventures scientifiques de Mons, conçue par Jean Nouvel, ou Machines à Rimes, borne interactive conçue pour l’exposition « Désir d’apprendre » (1999) à la Cité des sciences et de l’industrie.
Pour la Bibliothèque nationale de France, il adapte un module du CD-Rom Machines à écrire dans le cadre de l’exposition « La page » (2000), puis « Brouillons d’écrivains » (2001).
Il imagine et réalise des jeux on line pour les sites de Télérama et de la Cité des sciences et de l’industrie.
Il conçoit et réalise actuellement avec le graphiste Jean-Marc Bretegnier, un CD-Rom-jeu pour les enfants intitulé C’est trop beau. (Ce travail fait suite à deux années de résidences de création en Champagne Ardennes pour animer des ateliers de pratique artistique avec des enfants de primaire et le soutien de la DRAC).
Il enseigne le multimédia (méthodologie, ateliers d’écriture interactive, lectures critiques et apprentissage des outils) dans de nombreuses formations (universités de Paris-XIII, Paris-VIII, Master de l'Ecole nationale des beaux-arts de Paris, Master de l’Ecole nationale de création industrielle, Institut supérieur des arts, Ecole des beaux-arts de Valence…).

 

Au commencement était le «C»
La typographie de l'enseigne Carrefour,

par Robert Baret et Serge Cortesi

(Mercredi 14 mars 2001, galerie Anatome, Paris)

En cherchant à rendre plus cohérente et plus visible l’identité visuelle de l’enseigne Carrefour, Robert Baret et Serge Cortesi sont partis d’une idée simple : prendre le « C » de l’emblème – très peu typographique – pour créer une ligne graphique, outil de transversalité entre les différentes publications du distributeur. Étant donné les nombreux niveaux de communication et la variété des métiers dans l’entreprise, et pour ne pas altérer la liberté de création graphique, la création d’une typographie « multistyle », proposant un vaste choix, s’est imposée permettant de donner une harmonie à l’ensemble de la communication Carrefour.

Robert Baret
Après des études aux Beaux-Arts de Lyon, Robert Baret a toujours mené une double carrière d’enseignant et de professionnel pour des entreprises de presse ou de communication : illustration, bande dessinée, peinture murale, lettrage. Il est professeur titulaire à l’école Estienne en « design de communication » et conseiller de Carrefour pour les supports de communication rédactionnelle et l’identité visuelle.

Serge Cortesi
Compositeur typographe, étudiant à l’atelier national de recherche typographique et formé à la calligraphie, Serge Cortesi a exercé le métier de photocompositeur. Il travaille actuellement à la conception d’images de marque (Quick, Hachette Livre…) et de typographies institutionnelles (Groupe Accor, Ticket Restaurant…). Parallèlement, il enseigne la calligraphie à l’Adac et à l’association l’Aractère.

L’Atelier national de recherche typographique
présenté par Peter Keller

(Mardi 9 janvier 2001, 19h, Galerie Anatome, Paris)

Créé en 1985, l’Atelier national de recherche typographique constitue un centre d’expérimentation de la création typograhique. L’atelier assure la formation de spécialistes dans les domaines de la création de caractères et du design typograhique. Son directeur nous présentera la nouvelle installation de l’ANRT à Nancy, son projet pédagogique, ses perspectives.

Peter Keller dirige l’ANRT depuis dix ans. Il enseigne depuis 1969 à l’ENSAD et développe des activités de designer indépendant.

 

Soyez réalistes, demandez l’impossible

(Jeudi 9 novembre 2000, 19h, Galerie Anatome, Paris)

Pierre Bernard

Depuis 1970, Pierre Bernard se bat pour que la poésie graphique ait droit de cité. « Mon travail est efficace quand il fait naître une émotion qui suscite la réflexion. L'effort intellectuel et la nécessité de réfléchir sur un sujet font écho à un sentiment, pas à une pensée. »
Ne croyant ni aux groupes cibles, ni aux projections de marketing, il nous dit : « J'ai toujours clamé haut et fort que le rôle du design graphique n'est pas de stimuler la croissance économique. »

L'Atelier de création graphique, dirigé par Pierre Bernard, s'est constitué dans la continuité du groupe Grapus (1970-1980) dont il est cofondateur. Travaillant en synergie avec des architectes, sociologues, journalistes, documentalistes et écrivains, l'Atelier est un creuset de créativité reconnu mondialement.
Il a signé de nombreuses « images d'utilité publique », entre autres : l'identité graphique du Musée du Louvre, des Parcs nationaux de France, des Académies musicales de Saintes, du papetier Job Scheufelen, l'alphabet et la signalétique de chantier pour le Centre Georges-Pompidou…

Pierre Bernard est également chargé de cours à l'Ensad.

Il présentera, en écho au thème de la semaine d’été à Lurs, les travaux récents de l’Atelier de création graphique.

 

 

Une journée au musée Condé,
château de Chantilly

(samedi 7 octobre 2000)

 

Enluminure italienne. La collection de manuscrits enluminés du cabinet des livres du duc d'Aumale est la plus prestigieuse de France après celle de la BnF. Pour la première fois sont exposés des chefs-d'œuvre, certains fameux, d'autres à découvrir dans ce lieu d'exception.

Programme de la journée

10 h-12 h 30  •  Rendez-vous au musée
Dans la bibliothèque, visite du cabinet des livres du duc d’Aumale (livres imprimés rares) et de l’exposition « Chefs-d’œuvre de l’enluminure italienne XIVe-XVIe siècles » en compagnie d’un conservateur de la bibliothèque.

12 h 30  •  Déjeuner au « Hameau » dans le parc.

Après-midi  •  Visites libres
– du musée Condé (importante collection de peintures et de dessin de l’école française, chefs-d’œuvre de la peinture italienne, œuvres des écoles du Nord) ;
– à la Galerie des cerfs, de l’exposition « André Le Nôtre et les jardins de Chantilly » à l’occasion du tricentenaire de la mort du célèbre jardinier.

 

Chantilly, vu par Christian Bessigneul.


Photo Édouard Baudelet.

Un fragment du Traité de fauconnerie des Sforza (1452) nous invitait à débusquer l’enluminure, au musée Condé, le 7 octobre ; 25 places, 36 inscrits, 30 présents, 26 à l’heure devant les hérons, les carpes et la grille du parc.
En page de garde, quelques milliers de pavés alignés, dans un paysage horizontal domestiqué, conduisent notre groupe sur le pont Michel-Ange.
En frontispice, la porte monumentale. Esclaves, anges, lions, frises et colonnes soutiennent des étages de moulures et de balustres pour en réduire et rythmer la surface. Passée la porte, les pénétrants, pressés par la pluie, ne retiennent que la masse d’inspiration classico-baroque, construite dans l’exaltation prodigue des compilations historiques, à la fin du XIXe siècle.
En avant-propos, nous savons immédiatement que nous descendons, par la cour d’honneur, dans les chicanes de la pensée d’H.O. (Henri d’Orléans) duc d’Aumale, vainqueur (à vingt et un ans, en 1843) de la smala d’Abd-el-Kader. Son monogramme pullule discrètement parmi les hommages aux ascendants et l’abondance ornementale.
L’introduction est un fastueux vestibule. Sous le regard glacé de deux chiens de marbre gris, toutes oreilles taillées et dressées, nous devinons notre pilote. Lestement, nous lui emboîtons le pas à travers les colonnes à cannelures, les niches à vases en porphyre oriental, les panneaux à bas reliefs dorés, les comptoirs et les homini peregrini vulgari non lursiens.
Présentation et sommaire dans le calme d’une antichambre décorée de scène de chasse. Mme le conservateur du patrimoine, Emmanuelle Toulet, est la prétorienne obligeante du cabinet des livres de l’Institut de France.
Avec sérénité, elle vérifie les données historiques des notices, réactualise le catalogue des quelque 13 000 ouvrages et organise des expositions autour de ce fonds d’exception.
Chapitre premier. Plus de cinquante armoires vitrines, sur deux niveaux, forment la création bibliophilique d’H.O. Quelque cinquante années à courir l’Europe pour faire entrer en France ces pièces remarquables. Les étagères alignent des dos splendidement reliés. En ce lieu ne sont acceptés que les parfaits ! Merci à l’homme qui troque l’héritage de ses châteaux contre de vrais beaux livres. Isolés par un cordon en fond de salle (grand public oblige), des fauteuils équipés pour longuement feuilleter, humanisent ce prodigieux hangar à bouquins.
Des aménagements récents, sous forme de vitrines-sarcophages à fibres optiques, bousculent la magie du lieu. Neuf manuscrits et dix enluminures détachées y exposent l’extrême précision de leurs nuances colorées. Quatre historiens d’art les ont disséqués, comparés, réattribués. Mme Toulet fait partager sa joie d’approcher une vérité vérifiée entre les XIVe et XVIe siècles. Elle repère et partage les liens qui unissent la peinture médiévale à la Renaissance italienne. Parmi les pages exposées : le plus ancien manuscrit illustré de la Divine Comédie (Dante) avec commentaire de Guido de Pise. (1328-1330). C’est l’une des premières iconographies de l’Enfer.
Celle-ci sera reprise, régulièrement, jusqu’à Gustave Doré. De sublimes lettres illustrées : O, comme Omnium insularium, l’un des premiers traités de géographie consacré aux îles et aux péninsules. Plus de cent cartes assemblées. Trois exemplaires connus. Celui-ci, le plus ancien, a servi de modèle aux deux autres. C’est l’exemplaire réalisé pour le cardinal Giovanni d’Aragona. O, comme l’image de la mort de saint Martin, réalisée en 1460, à Padoue par un élève de Mantegna. B, comme David jouant du psaltérion. A, comme inferno. E, comme un moine anonyme. R, comme la résurrection peinte pour un graduel du monastère camaldule (religieux de l’ordre de saint Romuald) de San Michele de Murano, par don Silvestro, peintre raffiné du gothique florentin.
Une très rare représentation de la chapelle Sixtine, réalisée par un collaborateur de Piero della Francesca. L’image permet de cerner les transformations opérées par Michel Ange. Un splendide livre d’heures à la reliure d’orfèvrerie, récemment réattribué aux Toriani, témoin de l’influence de Léonard sur la miniature lombarde. Un livre de dessins en couleurs d’après les sujets des gravures de Dürer, fin XVIe siècle, réalisé pour le seizième duc d’Urbino.
Chapitre II. Devinant notre insatiable gourmandise, notre cicérone nous arrache à l’admiration des Grolier, Bozérian, Derôme… Par l’intouchable rampe d’escalier en fer et cuivre martelé, elle nous entraîne, dans la bibliothèque de travail aménagée par H.O, plus prés de ses appartements. Dans l’ancien théâtre du vieux château, nous sommes, ici, dans la pénombre, au cœur de son exigeant esprit de collection. Sous verre, quelques raretés sont ouvertes à la page d’une référence. L’un des deux exemplaires connus des livres xylographiques encrés par frottage avant l’invention de la typographie. Le premier livre imprimé en Italie par Panartz, à Subiaco, en 1465. La première Bible polyglotte d’Alcala, réalisée de 1514 à 1522. L’un des onze exemplaires dit des presses particulières, imprimé au château de Veretz pour des amateurs de textes libertins. Une impression sur soie rose produite, peut-être par Louis XVI, sur les presses du château de Versailles. Le premier tirage effectué par Didot, avec le caractère Didot… Dès que Mme Toulet autorise le toucher d’un exemplaire, les lursiens sont en état de grâce. Nous imaginons l’infini plaisir des contemplations graphiques possibles en regardant l’abondance des tiroirs, cartons à dessins, boîtes et armoires aux portes invitantes.
Chapitre III. Les matérialités du rythme de l’appétit nous rappellent sur terre, nous retournons sous la conduite de Françoise Blondel. Objectif : le Hameau inauguré le 16 avril 1775, au nord du petit parc, au sud du grand canal, à l’est du jardin à la française. Une pensée pour les hommes qui fuyaient leurs protocoles normés et rêvaient de se rapprocher des mœurs “ délicieuses ” des bergères, des laboureurs et de la nature sauvage (et parfois polissonne). L’urbanisme villageois idéal comporte un moulin, une laiterie, un cabaret, une grange et quelques maisons avec potager et fruitier. Nous sommes attendus dans la grange. Surprise de prince : le dehors est dedans. Nous déjeunerons sous des voûtes bucoliques dont la fraîcheur décrépite évoque les interminables ventes aux enchères de 1793.
À table, nous retrouvons la magie des connivences lursiennes. À la nôtre, nous nous sommes régalés des aventures de Marie-Claire avec le Mélèze, de celles du soldat Chapuzot, du sapeur Camember, du savant Cosinus, d’un beaujolais correct et, Chantilly oblige, d’une bonne crème.
Colophon. Avant les découvertes individuelles du site, pour mémoriser une vision globale du domaine, une douzaine de lursiens aérophiles ont accepté l’improvisation de s’élever dans la nacelle du plus gros ballon du monde.
Au hasard de l’après-midi, dans le salon violet, dans la grande singerie, devant un vitrail, un Raphaël ou une étude de Le Nôtre, nous retrouvions l’un ou l’autre.
Page de garde. À dix-huit heures, chassé efficacement par le protocole muséal, je redevins oisif et seul, hors des images, des grilles, des carpes et des hérons.
Notice. Un ban pour Françoise de nous avoir incités à la réimmersion dans ce lieu témoin, magistralement architectural et bibliophilique, qui semble échapper encore aux morcellements de lotissement, aux dispersions de gestion et aux cloisonnements de tous ordres. Mille reconnaissances pour ce moment de délectation domaniale.

 

Mexique, contraste de villes «tatouées»

par Pierre Ponant

(mercredi 3 mai 2000, 18h30, L'École Multimedia, Paris)

Le Mexique est un pays d’exception culturelle et de contraste sémantique. Si plusieurs générations d’artistes ont enfermé la création contemporaine mexicaine dans ses propres mythes, la jeune création, apparue dans le contexte urbain de Mexico, de Monterrey ou de Tijuana s’émancipe de cette tendance « mexicaniste ». Depuis une dizaine d’années, elle s’est réinscrite dans le circuit des grands courants contemporains. Graphistes, plasticiens, photographes ou vidéastes, ces créateurs observent la surface de la ville et en recueillent les scories : des signes typiquement mexicains, des objets rejetés ou d’occasion qui reflètent une certaine culture urbaine, une économie de la rue. Une attitude plastique, politiquement incorrecte et provocatrice où trouve place la critique de l’autoritarisme, du racisme et du conformisme.
Mexico est aussi un paysage graphique et typographique. La ville de l’anti-design par excellence. Et c’est de ce constat qu’est né un mouvement graphique « techno-vernaculaire ». De l’alliance des techniques artisanales et du Mac, d’une récupération et d’un détournement de la « contaminacion » (terme utilisé par les mexicains pour parler de la pollution) pratiquée par les « rotulos » ou peintres en lettre. Les typographies populaires, bien souvent d’auteurs anonymes, tracées sur les devantures de magasins ou de kiosques, composant les affiches de lutte libre, sont empruntées et réutilisées par de jeunes graphistes. De leurs expérimentations naissent des alphabets, évocateurs de traits d’esprit ou de jeux de mots subtils, des graphzines ou des expériences éditoriales comme celle de la revue de graphisme Matiz , à l’origine d’un manifeste qui entend définir l’identité graphique mexicaine au sein du « village global ».

Pierre Ponant

 

Pierre Ponant
Directeur artistique indépendant, il poursuit depuis une quinzaine d’années une activité internationale de concepteur et réalisateur de manifestations et expositions à caractère multimédia (vidéo, installation, nouvelles technologies, design graphique...). Sa réflexion sur les rapports entre l’art contemporain et les techniques de l’information et de la communication s’accompagne, aujourd’hui d’un travail de critique et d’historien sur le design graphique. Il collabore à diverses revues européennes et intervient comme visiting professor à l’École nationale supérieure d’art de Nancy et à l’École cantonale d’art de Lausanne. Consultant auprès de l’Association française d’action artistique, il a récemment conçu l’exposition « Vues de presse », un parcours visuel à travers la presse contemporaine présentée en octobre 1999 au Museo Universitario de Ciensas y Arte de Mexico. Membre du comité d’organisation du 1° Festival internacional de diseño y communicacion de Buenos Aires BsAs/00, il y conçoit l’exposition « Graphistes à la surface des villes » pour l’automne 2000.

 

Politique et typographie
à la Renaissance

Histoire d'un divorce

par Henri-Jean Martin

(Mercredi 14 juin 2000, 18h30, Le Canard'Avril, Paris)

En 1508, l'empereur allemand Maximilien passait un contrat avec un imprimeur d'Augsbourg pour tailler secrètement un nouveau caractère afin de souligner la spécificité allemande face à l'écriture humanistique, ressentie comme l'image de la Papauté romaine. Telle fut l'origine du caractère Fraktur.

En 1509, le précepteur du futur roi François Ier présentait à celui-ci un Eloge des vertus chrétiennes calligraphié sur le modèle du célèbre Songe de Poliphile d'Alde Manuce. Pour la première fois, un texte en langue française était écrit en caractères «romains» et non plus dans la gothique bâtarde de la Chancellerie de France. Dès lors, l'entourage royal encouragea et finança par un complot permanent l'adoption du caractère romain en France, afin de prouver que les rois de France étaient les véritables successeurs des empereurs romains.

 

Henri-Jean Martin
Archiviste-paléologue, docteur ès lettres, Henri-Jean Martin a été bibliothécaire à la Biliothèqye nationale (1947), conservateur en chef des bibliothèques de la ville de Lyon (1964-1970)… Professeur (1971-1993), puis professeur honoraire, à l'École des chartes, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études depuis 1963.

Henri-Jean Martin est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire et la sociologie du livre : Mise en page et mise en texte du livre français (XIVe-XVIIe siècles). La Naissance du livre moderne (Electre-Cercle de la librairie, 2000); Histoire et pouvoirs de l'écrit (1989), Albin Michel, 1996; L'Apparition du livre (en collaboration avec Lucien Febvre, 1957), Albin Michel, 1999; il est aussi, avec Roger Chartier, le codirecteur de L'Histoire de l'édition française, (4 vol., 1983-1986), Fayard, 1989-1991.

Parmi ses nombreuses distinctions : Gutenberg Preise, decerné par l'Internationale Gutenberg Gesellschaft et la Ville de Mayence (1998), médaille d'or de la Bibliographical Socizty de Londres (1993), premier grand prix Gobert de l'Académie française (1989).

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