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Je donnais
mes premiers cours sous forme dexposés très courts,
sur un sujet de 15 minutes, immédiatement suivis de recherche et
de réalisation de dessins, de peinture ou de graphisme, et je passais
délève en élève durant toute la journée.
Parfois, je les livrais à une expérience particulière,
dordre gestuel : Aux Rencontres de Lure sur le graphisme (1960), je demandais, soutenu par un groupe de jeunes, dont Gérard Blanchard, Jean-Raoul Moulins, que les meilleurs professionnels, et il y en avait à lépoque, donnent eux-mêmes des cours aux étudiants. Nous avions même formé un projet décole, adressé à André Malraux, en lui signalant la mauvaise lisibilité et la piètre qualité typographique des documents administratifs. Ce nest plus le cas aujourdhui, où les jeunes conservateurs veillent à une qualité enfin trouvée. Jallais alors vers la peinture, puis vers la photo, et des années 60 aux années 80, jalternais travaux en solitaire et projets de groupe. Je fus directeur artistique dexpositions à Bruxelles, directeur artistique de Elle durant dix ans, vingt ans photographe pour Stern, Vogue, The Sunday Time; je réalisais 42 films « Dim Dam Dom » pour Antenne 2, et cela jusquau jour où, sur lescalier du Grand Palais, mon ami Roman Cieslewicz me demanda de venir à lESAG pour y enseigner limage actuelle. De même que M.P. Penninghen, directeur de l'ESAG. remplacé depuis par Alain Roulot, souhaitait une orientation plus adaptée aux aspirations et aux besoins des années 80. Roman Cieslewicz avait déjà obtenu des résultats remarquables dans ce sens et, en me proposant la classe terminale de photographie, des étudiants de 22 à 25 ans aux connaissances techniques et de laboratoire acquises, bacheliers avec deux années complémentaires de préparation et deux années en art graphique, il moffrait des conditions idéales. Le désir déchapper à toute étiquette est lié chez moi au goût de lexpérience nouvelle. Changer de registre est une façon dendosser une autre identité. Après la satisfaction dêtre reconnu comme peintre par les peintres, et comme photographe par les photographes, jai eu envie de savoir ce qui pourrait naître de lenseignement et du contact avec la jeune génération.
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