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INTRODUCTION

Je crois sincèrement que mes étudiants m’ont appris plus que je ne leur ai donné. L’enseignement offre en peu de temps une approche, une connaissance des autres qui, dans la vie, demandent des années. Il ne faut pas être le maître qu’on imite, car on est professeur à un âge où le travail et la façon de faire pour lesquels on est reconnu appartiennent déjà au passé, du moins pour ce qui est de la forme. On n’est donc plus le bon exemple pour les jeunes générations.

Aussi un éducateur doit-il, connaissant ses élèves, accepter leur tempérament,
y compris leurs défauts, et cultiver leur individualité. Il lui faut d’abord signaler les événements qui font l’air du temps, puis montrer la diversité des possibilités de création qui en découlent, ensuite leur apprendre à ordonner les priorités correspondant à leur personnalité pour qu’enfin, à travers leur travail, ils retrouvent leur moi. L’éducation, en particulier l’éducation artistique, est difficile parce qu’il s’agit de déceler et de faire éclore la capacité créatrice de ce moi singulier de chaque élève, de lui donner confiance en lui-même, de découvrir
et de révéler ses données personnelles, afin qu’elles se développent dans l’expression visuelle, transforment des rêves en images concrètes qui lui ressemblent dans leur contenu et dans leur forme. Les résultats obtenus, que l’on trouvera dans ce livre, montrent que, même dans le domaine artistique, un enseignement théorique est possible collectivement, et qu’étant le même pour tous, les résultats visuels concrets seront néanmoins différents pour chacun.

Je ne saurais décrire assez bien cette sensation qui, parfois, s’épanouissait durant certains cours, où la disposition d’esprit des élèves, le ton, le rythme, l’enchaînement des mots, le lieu et le temps nouaient une complicité, formaient une atmosphère de vie, dynamisaient toute une classe, faisaient naître l’envie d’être et de faire.


MES PREMIERS ÉTUDIANTS
À L'ESAG
LE MENSONGE DE LA CAMÉRA
ART OU MÉTIER ?
FAIRE DES IMAGES
LE STYLE
LA JOURNÉE DE COURS

 


Projection : travaux d'étudiants de l'ESAG


Peter Knapp

Études de peinture, puis École des arts décoratifs de Zurich (section arts graphiques). Il y découvre la photo ; il travaille ensuite comme décorateur
dans l’atelier de Monticelli. Venu à Paris en 1951, il suit les cours de l’École
des beaux-arts et de l’Académie Julian. Il est le directeur artistique du Nouveau Femina.

Il travaille pour les Galeries Lafayette, puis pour le journal Elle, comme directeur artistique (de 1959 à 1966 et de 1974 à 1977). Il fait ses premières photos
de mode, et des reportages. Également décorateur de théâtre, réalisateur
de quarante films documentaires (émission de télévision « Dim Dam Dom »). Il collabore avec Courrèges et Ungaro. 1968 : directeur artistique des Éditions Rencontre et A. Sauret. Il collabore à Vogue, Stern, Time, Elle, au Sunday Times.

1974 : première exposition personnelle importante à Bâle. Nombreuses autres expositions (Salonique, Taipei, Chalon-sur-Saône, Zurich, Paris, Rully…).

Entre 1981 et 1990 : collaborations avec le Centre Georges-Pompidou, Hachette-Filipacchi. Il enseigne aujourd’hui à l’École supérieure d’arts graphiques à Paris tout en se consacrant à l’édition de livres d’art.